Le Pont du Gard est une portion d'aqueduc romain aménagée en pont à trois niveaux, située dans le sud de la France, entre Nîmes et Uzès, dans le département du Gard. Il enjambe le Gardon, ou Gard, et assure la continuité de l'aqueduc romain qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes.
Le pont du Gard et l'aqueduc de Nîmes datent du 1er siècle de notre ère.
Le pont lui-même a été construit afin que l'eau puisse traverser la petite vallée du Gardon, petite rivière de Provence apportant 20 000 mètres cubes d'eau par jour à Nîmes. La construction a eu lieu au milieu du premier siècle de notre ère. Durant la deuxième moitié du siècle, les bâtisseurs ont procédé au réglage du fonctionnement, avec une hausse de la hauteur de la canalisation de 60 cm sur une longueur de 6 km, cinquante ans après la construction.
Jusqu'au troisième siècle, le pont du Gard et l'aqueduc ont fonctionné normalement. Ensuite l'aqueduc n'a plus été utilisé qu'occasionnellement, avec un débit d'eau fort limité avant d'être définitivement abandonné à la fin du cinquième siècle ou au début du sixième.
Construit sur trois étages avec des pierres extraites dans les carrières romaines environnantes, le pont domine le Gard à près de 49 m de haut, sur une longueur de 275 m.
Etage inférieur : 6 arches, 142,35 m de longueur, 6,36 m d'épaisseur, 21,87 m de hauteur
Etage moyen : 11 arches, 242,55 m de longueur, 4,56 m d'épaisseur, 19,50 m de hauteur
Etage supérieur : 35 arches, 275 m de long, 3,06 m d'épaisseur, 7,40 m de hauteur
La source qui alimentait l'aqueduc n'étant située que 12m au-dessus du niveau des réservoirs de la ville, les Romains ont dû faire preuve d'une grande précision pour permettre à l'eau de s'écouler par gravité jusqu'à Nîmes. L'aqueduc complet a une pente de 34 cm au kilomètre, soit 1/3 000, ce qui est un exploit technologique remarquable. Il a un trajet sinueux pour pouvoir profiter au maximum des reliefs. L'eau courante mettait une journée entière pour parvenir par gravitée de son point de captage situé à la Fontaine de l'Eure, proche d'Uzès, jusqu'à l'ouvrage de répartition encore visible rue de la Lampèze à Nîmes et appelé Castellum.
Après leur abandon, vers le 5e ou 6e siècle, l'aqueduc et le Pont du Gard se sont peu à peu dégradés. Mais, en 1834, Prosper Mérimée qui allait être nommé directeur général des monuments historiques visita le Pont du Gard et l'idée lui fut soumise d'une restauration générale du monument. Celle-ci entraînait des travaux considérables et un coût conséquent. Aussi, il pu seulement procéder à de petites réparations de colmatage, entre 1843 et 1845, sous la direction de Charles Questel à qui on doit cependant l'escalier en colimaçon de la rive gauche permettant d'accéder au troisième étage. Egalement, une exploration de l'ensemble de l'aqueduc démarra en 1846, sous la direction de l'ingénieur hydraulique Léon Dombre.
De nos jours, le Pont du Gard fait l'objet d'une surveillance constante et, récemment encore, quelques travaux délicats ont été faits afin de renforcer deux piles dont les roches qui les supportent étaient attaquées par l'écoulement des eaux du Gardon.
Le pont du Gard a été classé au patrimoine mondial de l'humanité en 1985.